1 - La plainte. Sauf exception, elle est recueillie par la gendarmerie ou la police. Soit vous vous présentez spontanément chez eux, ce qu’il est préférable de faire si les faits viennent tout juste de se produire, soit vous écrivez au procureur de la République. Je vous conseille plutôt cette dernière option si les faits sont un peu plus anciens. En effet, en recevant votre courrier, le procureur va donner l'ordre aux gendarmes ou aux policiers de recueillir votre plainte. Pour cela il va choisir le service le plus adapté à votre cas. A l'intérieur de ce service, la hiérarchie gendarmerie ou police va désigner l'enquêteur le plus apte à traiter votre affaire, ainsi vous avez plus de chance de tomber sur la bonne personne que si vous arrivez à l'improviste. Vous serez alors contacté pour convenir d’un rendez-vous.
2 - L'enquête. Suite à votre plainte, une enquête préliminaire ou une enquête de flagrant délit sera menée. En fonction de l'urgence (par exemple si des mineurs sont toujours en danger), cela peut aller très vite. Lors de celle-ci, ne soyez pas étonné, l’auteur est toujours « entendu » en dernier par les enquêteurs. En effet, il est indispensable de disposer de tous les éléments contre lui pour noter ses contradictions et savoir précisément ce qui lui est reproché.
3 - L'opportunité des poursuites. A la réception de l'enquête, une fois celle-ci achevée, le procureur de la République va décider de la suite à donner. Il peut :
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Classer l'affaire sans suite si les faits sont prescrits, si l'infraction n'existe pas, si la gravité des faits est insignifiante, ou s'il est impossible de retrouver l'auteur. Le dossier peut cependant être réouvert à tout moment, si un élément nouveau apparaît.
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Poursuivre d'emblée, c'est à dire envoyer la personne mise en cause devant le tribunal correctionnel ou de police en fonction du type d'infraction (délit ou contravention).
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Proposer une solution alternative à l’auteur (avertissement, travaux d’intérêt général, réparation des dommages, etc…). Mais en raison de leur gravité, cela ne concernera généralement pas les infractions à caractère sexuel.
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Ouvrir une information judiciaire, c’est à dire saisir un juge d’instruction (ou le juge des enfants si le mis en cause est mineur) pour qu’il puisse mener une enquête plus complète et plus approfondie que la précédente. Une fois celle-ci achevée, elle sera transmise au procureur de la République qui décidera, en fonction des éléments recueillis, s’il y a lieu ou non de poursuivre l’auteur devant un tribunal correctionnel ou une cour d’assise.
4 - Détention provisoire lors d’une information judiciaire. Pour les besoins de l’enquête ou pour protéger la victime, le juge d’instruction peut demander à faire incarcérer l’auteur présumé des faits, et ce, même si ce dernier n’a pas encore été jugé et condamné. Après l'avis d'un juge de la liberté et de la détention, la personne mise en cause pourra alors être placée en détention préventive en maison d’arrêt. Si le procès met trop de temps à venir ou que les besoins de l’enquête ne le justifient plus, l’auteur peut être relâché avant son jugement. Ce n’est pas pour cela qu’il ne retournera pas en prison, mais le temps de détention qu’il aurait déjà fait sera déduit de sa peine. Ainsi, il ne resterait que deux ans et demi de prison à faire pour celui qui est condamné à trois ans, mais qui a déjà purgé six mois de sa peine en détention provisoire. |